On se retrouve aujourd'hui pour une petite critique cinématographique du tout juste sorti La Reine des Neiges ("Frozen"). Pour commencer, voici la bande-annonce :
(désolée, j'ai pas trouvé mieux comme BA)
J'avais franchement peur pour ce nouveau Disney. Je vais pas vous mentir, plusieurs éléments de la bande-annonce me faisaient frissonner (le bonhomme de neige débile, Anna présentée comme une grosse cruche, etc). Alors, voyons ce que ça donne !
Dans un petit royaume - qui ressemble étrangement au royaume dans Raiponce, hein -, les deux jeunes princesses Elsa et Anna sont trop heureuses de vivre, elles font des bonhommes de neige et chantent et tout ça. Mais Elsa a un pouvoir qu'elle a acquis de naissance (allez savoir comment) : Elle fait de la nei-neige, de la gla-glace et ça peut être trèèès dangereux. Du coup, ses parents l'enferment plus dans le château et sans aucun contact avec l'extérieur (la solution à touuuuuuut), pour qu'elle essaye de maîtriser son pouvoir en contrôlant ses émotions et du coup elle ne voit plus sa soeur. Des années plus tard, leurs parents sont morts, et Elsa est destinée à accéder au trône. Mais bien sûr ça foire et tout le monde prend connaissance de son pouvoir. Elle s'exile pour protéger les autres d'elle-même - en gelant la totalité du royaume au passage, mais Anna, persuadée qu'elle peut ramener sa soeur à la maison/raison, part la chercher avec l'aide de Kristoff.
Pour commencer, le traditionnel petit paragraphe sur le graphisme. Et bien de ce côté-là, il y a du TRÈS BON, et puis du moins bon. Je m'explique, commençons par le moins bon : Ça m'avait déjà fait tilté lors de la bande-annonce, mais il désormais clair que Disney a défini son style d'animation 3D, et surtout au niveau chara-design. Bien que Les Mondes de Ralph, de par le sujet traité, présentait un univers florissant de styles différents, La Reine des Neiges montre bien que ça y est, on va certainement se taper des personnages à la Raiponce jusqu'à la fin des temps. Bien que ce style soit magnifique, les personnages adorables et tout ça (cela dit, on sent bien que c'est pas Glen Keane qui a bossé sur ce film là), je pense que ce n'est pas forcément positif que Disney nous habitue au même style graphique pour chacun de ses films désormais. Car quand on regarde, d'un film Disney à l'autre, on a toujours eu droit à un dessin, un trait différent, que ce soit pour Sleeping Beauty ou La Petite Sirène, en passant par Atlantide. Vous me direz "Haan oui mais c'est du tradiiii c'pas pareeeeil" et moi je répondrai "Chez Dreamworks ils nous ont fait Dragons et Les Cinq Légendes en 3D, et c'est tout à fait différent". Je pense que ce serait mieux que Disney garde sa diversité graphique. Autre chose : Comme je l'ai dis plus haut, le royaume de Arendelle ressemble beaucoup trop à mon goût au royaume de Raiponce et j'ai même noté parmi les personnages "figurants" des boubouilles qu'on connaît déjà. Cherchez pas, j'ai reproché à Tim Burton de ne pas renouveler son style pour Frankenweenie, je reprocherai à Disney de ne pas renouveler ses personnages figurants pour ce film-ci. :p
Passons au très bon, maintenant ! Mention spéciale pour tout ce qui est neige, glace, flocons et pouvoirs magiques d'Elsa ! C'est sublime, ça donne au film des tons bleus/roses parfois rouges, alors qu'ils auraient pu bêtement tomber dans le piège de la neige toute blanche, mais n'en firent rien. La neige dite "poudreuse" est particulièrement réussie, et le film dans son ensemble est un vrai régal pour les yeux. À ce niveau-là, je trouve que Raiponce, malgré sa séquence magnifique avec les lanternes, se fait battre à plate couture par ce nouveau Disney. C'est-à-dire qu'après Les Cinq Légendes par Dreamworks l'an dernier, Disney avait intérêt à envoyer du lourd, hein.
Passons maintenant aux personnages ! Hélas, comme le laissait penser la bande-annonce, Anna est une vraie cruche surexcitée, qui saute de partout et qui a tendance à devenir louuuurde, très lourde. Cependant, ce côté vraiment fatigant est rattrapé par la tendresse du personnage, son courage et tout ce qui fait en général qu'une héroïne Disney est une héroïne Disney. Mais sa présence à l'écran est très vite oubliée, lorsque apparaît Elsa, personnage réellement émouvant de par sa profondeur, ses émotions qu'elle tente en vain de dissimuler, une véritable reine des glaces, pour qui on ressent très vite de la compassion et qu'on affectionne presque plus que sa sœur. Je regrette juste que sa dimension torturée ne soit pas un poil plus approfondie, car c'est vraiment un super personnage, victime de sa "malédiction". Ainsi Elsa et Anna se complètent totalement, on ne saurait imaginer l'une sans l'autre et c'est cette tendresse fraternelle qui m'a fait piquer des yeux à la fin du film.
Je me retiens de vous parler des garçons du film, à savoir Hans (le prince) et Kristoff (l'autre), car c'était un grand mystère pour moi que de savoir qui allait finir avec qui à la fin du film, donc si j'en parle trop je vais vous spoiler, hoho. En gros, Hans est trop gentil, et Kristoff est trop schizophrène. PARLONS PLUTÔT DU BONHOMME DE NEIGE.
Après l'affreuse expérience des limaces qui parlent dans Epic, croyez-moi que les personnages secondaires de type non-humain qui parlent et qui sont censés être drôles mais ne le sont pas, j'en avais bien ras-la-casquette. Que ne fut alors mon désarroi lorsque j'appris que Frozen, non content de se taper un renne identique à Maximus dans Tangled, avait en plus un bonhomme de neige qui parlait. D'ailleurs, par la suite, j'ai appris grâce au très bon site The Art of Disney qu'il avait même sa propre chanson.
MAIS, il s'avère qu'Olaf n'est pas si lourd qu'il semble l'être au premier abord. Il sait s'effacer au bon moment, se taire lorsqu'il le faut et même quelques-unes de ses vannes m'ont fait rire. Il aurait très bien pu se passer de son espèce de "rêve" (ça nous aurait épargné une chanson), car il n'en a pas besoin pour sa dimension émouvante (cf la bande annonce lorsqu'il dit un truc du style "Some people are worth melting for..." > C'est beau). Ainsi les personnages principaux ne sont ni tout blancs, ni tout noirs, un peu comme la neige du film au final, qui, on l'a dit, n'est pas toute blanche ;)
Ensuite pour le reste des personnages, on a constaté un renne... qui chope des flocons avec la langue et puis un homme moustachu qui essaye de nous faire croire qu'il sert à quelque chose, mais en fait non, et un troupeau de trolls dont on n'entend même pas parler dans la bande annonce ! Voilà pour les personnages ! :D
Passons maintenant au scénario du film : Il tient la route, mais sans plus. Je suis pas tout à fait convaincue par le postulat de départ, à savoir le fait qu'Elsa soit enfermée à double-tour dans sa chambre pendant toute son enfance. C'est un petit peu facile. Cependant on a quand même droit à un bon gros twist de fin, mais quand je parle de gros twist de fin, je te parle du twist de fin que personne n'avait vu venir, quoi. Je suis sûre que même les scénaristes du film l'avaient pas vu venir au moment de l'écriture. Bref, je ne m'étendrai pas là-dessus, sinon je spoile et c'est nul. Est-ce que ce twist est bien ? Personnellement, je trouve qu'il aurait pu être bien mieux préparé, car même en revoyant le film une 2nde fois, impossible de le pressentir, il n'y a aucun indice qui laisse sous-entendre ce qu'il pourrait arriver. Mais il donne un souffle de suspens à la fin du film, donc il a bien sa place dans l'histoire.Je reprocherai certainement d'autres petites choses au film : Le prologue, qui amène l'histoire avec cette espèce de "traumatisme de l'héroïne quand elle était enfant" est un peu trop similaire au prologue de Tangled encore une fois, je trouve. Et pareil pour la chevauché épique du héros qui va sauver sa belle lorsqu'il a pigé qu'il y avait un truc pas net : Un peu trop Flynn Rider sur son Maximus à mon goût. Et pour finir, j'ai trouvé un grand trou dans le scénario, ou plutôt un aspect du scénario qui est mis en place avec tellement de précautions qu'on se demande pourquoi cet aspect est par la suite, totalement délaissé. Cependant je ne peux vous en parler sans vous spoiler une partie du film, du coup j'invite ceux qui ont déjà vu le film à sélectionner le texte suivant pour découvrir ce "trou scénaristique" (et je les invite à le commenter) : Le fait que Anna ait été blessée par Elsa étant petite, qu'elle ait été amenée chez les trolls pour guérir et qu'on lui ait effacé la mémoire, n'est plus jamais mentionné dans le film, alors que Kristoff était présent, que les trolls savent parfaitement qui est Anna... Et d'ailleurs cette dernière ne se dit même pas "Tiens, ma sœur a toujours eu un pouvoir magique, c'est bizarre que je ne m'en sois jamais aperçu !", enfin je crois que c'est légèrement abordé, mais cette cruche ne se pose pas plus de questions que ça !! En gros c'est ce que je veux dire quand je parle de cet aspect qui disparaît totalement du film, et je trouve ça bien idiot.
Ceux qui n'ont pas vu le film n'ont qu'à patienter... :3
Avant de passer à ce que vous attendez tous, c'est-à-dire la musique (et dans le cas présent, les chansons), petit paragraphe habituel sur la VF et la 3D :
Alors que le public français de Disney s'élargit de plus en plus et représente une importante part des revenus sur les films, il semblerait que la boîte mette de moins en moins d'argent dans le doublage français des Disney classiques (Les Mondes de Ralph n'étant donc pas concernée). En VF, les voix sont presque insupportables (à l'exception de Kristoff, Hans et Elsa), ne me faisant que languir plus avant la sortie DVD pour enfin apprécier le doublage à sa juste valeur. Donc si vous pouvez, allez le voir en VO, et sinon... Ben vous serez au moins prévenus.
Ensuite je n'ai pas eu la chance de le voir en 3D, mais je parie que ça doit bien valoir le coup, puisque comme je l'ai dis plus, le graphisme est époustouflant. Puis les flocons, c'est ce qui passe le mieux à la 3D je trouve, on a carrément envie de les attraper (ça, et les étincelles volantes dans Les Croods).
Et maintenant...
Place à la musique !
IL Y A TROP DE CHANSONS. TROP. En tout cas dans la première partie du film. Nan mais sans rire ! Bon, ok, le générique de début. Ok, la chanson de l'héroïne. Mm. Que ? Une 2ème chanson de l'héroïne ? WAT ? Une chanson du prince maintenant ?! NON, Kristoff, pas toi aussi ! NAOOOON, PAS LE BONHOMME DE NEIGE !!!!
Bref, vous m'avez comprise. Trop de chansons tuent les chansons, et il est mathématiquement impossible de les apprécier lorsque toutes les cinq minutes les personnages se mettent à pousser la chansonnette pour rien (alors imaginez qu'en plus moi j'ai dû supporter les chansons en VF, hein). J'ai compté, il y a en tout 8 chansons. Sans les reprises, hein. Je sais pas si vous vous rendez compte, mais 8 chansons pour un Disney c'est énorme ! Je le redis mais c'est vraiment idiot, parce que si on les prend une par une, elles sont top ces chansons, (sauf la chanson d'Olaf, hein. Mais de toute manière que ce soit Dany Boon qui chante ou pas, je crois que cette chanson est vraiment pourrie). Bien qu'elles soient bien moins symphoniques que les chansons Disney qu'on connaît, elles ont vraiment un côté Broadway (qui rappelle un peu la BO de Hercule, d'ailleurs). Mais le peu de temps laissé entre chacune d'entre elles est trop petit, c'est abusé !! D'autant plus que la majeure partie des chansons sont esquichées dans la première partie, ce qui fait que la 1ère moitié du film est chantante, et la 2ème partie est centrée sur l'action. Ce qui donne quoi ? Ben oui, un film déséquilibré.
Malgré tout ce serait hypocrite de ne pas applaudir Christopher Beck pour son - il faut l'avouer - très bon travail. Pour la petite histoire, Christopher Beck est un nouvel arrivant chez Disney, il a composé la musique de Paperman, le court-métrage sorti en 2012 et projeté avant Les Mondes de Ralph, qui ma foi est tout à fait acceptable. Or donc pour La Reine des Neiges il nous est offert des chants norvégiens qui collent parfaitement à l'ambiance du film, c'est donc une belle réussite. Pour ce qui est des morceaux symphoniques sans paroles, je ne suis pas du tout déçue. Comme je vous l'ai dis, Beck a fait du bien boulot, et il y a de très jolis thèmes musicaux présents dans le film (cependant, impossible de les remarquer lors de la 1ère projection du film). Je vous invite à écouter l'une des chansons (une de mes préférées) à tête reposée :
Petit bilan de cette critique bien dense : Malgré les premières impressions qu'il pouvait laisser à sa bande-annonce, La Reine des Neiges est un très bon film dans sa globalité, mais, les chansons faisant la force d'un Disney, ce film, qui fait plus comédie musicale que Disney classique, se voit handicapé par ses propres musiques qui sont fort mal réparties et c'est franchement dommage. Néanmoins, une fois les chansons passées, on se laisse facilement dans cet univers riche en couleurs, en émotions, que personnellement, j'ai adoré. De plus, une fois qu'on sait que c'est une comédie musicale, on peut voir et revoir ce film sans problèmes et ainsi l'apprécier à sa juste valeur. Bref, un vrai Disney de Noël comme il faut, à ne pas rater.
À bientôt pour de nouvelles critiques !
Toutes les images issues du film La Reine des Neiges dans cet article
appartiennent à Walt Disney Pictures.
















